NOUS TE RENDONS GRÂCE

 

Seigneur, nous te rendons grâce d’être notre Dieu.

 

Nous te rendons grâce pour cette année pastorale qui commence,

une année que nous allons créer avec toi, une année où tout ne sera pas nécessairement décidé à l’avance, bien que nous la préparerons.

 

Une année unique, qui ne reviendra plus, où nous allons continuer d’inscrire dans notre histoire notre option d’alliance avec toi.

 

Seigneur nous te rendons grâce pour l’espérance qui est nôtre et qui colore notre vie; pour ce désir que nous avons d’être ouverts [ouvertes] et fraternels [fraternelles].

 

Nous te rendons grâce pour cette année qui nous est offerte afin que nous donnions le goût de toi à nos proches comme à ceux [et celles] que le travail rapproche de nous.

 

Seigneur Dieu, à chaque année qui commence, comme à chaque étape qui marque nos vies, nous sommes envahis par la force de ton projet, mais en même temps nous voudrions réprimer ce vague malaise, cette pensée troublante que le temps nous échappe, et que cette année ne verra pas la fin de notre tâche.

 

Rassemblés devant toi, nous portons ensemble cette tension des commencements, tension entre l’élan et la pesanteur, entre le réalisable et l’inachevé, entre la vie et la mort.

 

Cette tension nous approche de ton fils Jésus, qui lui aussi, au cours de sa vie, était partagé entre le projet à accomplir, et le consentement à t’en laisser, à toi, l’achèvement.

 

Seigneur Dieu, nous avons besoin aujourd’hui de te redire notre foi et notre espérance qui naissent du geste que tu as posé en ressuscitant Jésus, geste où tu nous dis ta promesse de nous conduire tous à notre achèvement et à la vie en plénitude.

 

Mais cette certitude qui est nôtre semble parfois bien précaire, face à la lourdeur de notre monde et aux lenteurs de notre histoire.  Tu ne sembles pas vouloir agir à notre place, ni faire l’histoire sans nous.

 

Tu ne parais vouloir qu’une chose : qu’il y ait continuellement, dans cette histoire, des hommes et des femmes qui témoignent de toi, qui disent ta présence en faisant Église ensemble, qui manifestent ta bonté au temps de la détresse, qui portent ta puissance de vie jusque dans nos deuils, et qui incarnent ton amour, à temps et à contretemps.

 

Seigneur, nous sommes pleins d’espérance. Nous savons que tu habiteras notre temps, nos efforts et nos élans comme nos fatigues, car nous savons ta fidélité et ton amour, et déjà notre année s’en trouve comme illuminée.

 

Toi qui es l’horizon de notre histoire, Seigneur, reste avec nous et garde-nous fidèles. Nous t’en prions par Jésus le Christ, car par lui, avec lui et en lui, à toi Dieu le Père tout-puissant [aimant] dans l’unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles. Amen !

 

Équipe pastorale de St-Jean XXIII

MOTS DE LA FOI

MISSION

On mentionne le mot à l’occasion et on y consacre un dimanche depuis des années. On a beau nous dire qu’elle doit se vivre ici et non seulement à l’étranger, la mission demeure une réalité encore difficile à saisir. Dans un effort de mieux exprimer les enjeux essentiels liés à la mission, le pape François présente celle-ci avec un nouveau vocabulaire : il parle d’une Église « en sortie », c’est-à-dire d’une Église qui, à l’image de Dieu, prend l’initiative, s’engage et accompagne chacun et chacune. « J’espère que toutes les communautés feront en sorte de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour avancer sur le chemin d’une conversion pastorale et missionnaire, qui ne peut laisser les choses comme elles sont. Ce n’est pas d’une ‘‘simple administration’’ dont nous avons besoin. Constituons-nous dans toutes les régions de la terre en un ‘‘état permanent de mission’’». (La joie de l’Évangile, no 25)

« Un état permanent de mission. » Une disposition de chaque personne à être elle-même missionnaire, se sentant porteuse d’une responsabilité : annoncer l’Évangile par sa vie, ses choix et ses paroles. C’est la seule voie qui peut ouvrir à une réelle transmission du message de Jésus et qui peut favoriser l’éclosion d’une relation avec lui. Les homélies, les livres ou les encycliques proposent des repères, mais la véritable évangélisation, là où se révèle la mission, se passe dans les rencontres, les attitudes, les regards. Et si c’était vraiment ça être missionnaire ? Porter sur soi et sur les autres le même regard que le Christ lui-même porterait.

Yvon Métras, Prions en Église